PRESENTATION
 
La commune de Mounès est située sur les contreforts vallonnés des Monts de Lacaune, le relief est composé de plateaux, et crêtes aux sommets relativement plans d’une altitude comprise  entre 600 et 900 m. Le Rance  et ses affluents ont entaillé le relief de profondes vallées aux pentes abruptes.   De nombreuses fermes,  hameaux et villages sont disséminés dans une mosaïque de paysages variés. L’activité de la commune de  Mounès est quasi exclusivement tournée vers l’agriculture, l’élevage des bovins et  des ovins constituant les deux principaux types d’élevages. Le lait des ovins sert notamment à fabriquer le fameux Roquefort, tandis que le lait de vache sert à fabriquer divers fromages régionaux  de grande qualité. La production de viande de qualité fait également partie de l’activité d’élevage pratiqué.
 
Géologie
 
Le Sud, et l’Est de la commune sont constitués de terrains très anciens (Cambrien) appartenant au domaine des Monts de Lacaune. La plus grande partie de la commune est cependant constituée de dépôts  continentaux de  grès et pélites (Permien), de couleur  brun rouge à rouge.
 
Climat
 
Cette région se caractérise par des conditions climatiques hivernales assez froides de novembre à mars et des températures estivales chaudes avec des maxima moyens situés autour de 25°C en juillet.
 
Les pluies sont en moyenne relativement abondantes et régulières (60 à 70mm/mois en moyenne).  L’hiver et l’automne sont un peu plus pluvieux, la période estivale plus sèche (50 mm au mois de juillet) témoignant de l'influence méditerranéenne. La région est cependant soumise à des épisodes pluvio-orageux extrêmes, de type cévenol,  parfois à des périodes de sècheresse pouvant être sévère.
 
Les crêtes et plateaux sont soumis à des vents modérés et réguliers de nord-ouest, ainsi qu’à des vents particulièrement forts de Sud-Est. Les vallées encaissées bénéficiant, selon l’orientation des vents, d’abris plus ou moins marqués.
 
Hydrographie
 
La commune  se situe en tête du bassin versant du Rance qui draine la quasi-totalité des eaux superficielles. Le secteur est relativement pauvre en aquifères souterrains, cependant de nombreuses petites sources de fond de vallon aux débits réduits peuvent localement contribuer à l’alimentation en eau des fermes ou hameaux.
 
Préhistoire
 
La découverte de nombreux outils en pierre permet d’attester une présence humaine très ancienne. Quelques groupes humains ont occupé épisodiquement la région aux périodes de la préhistoire ancienne, Paléolithique Inférieur (-650 à -250 000 ans) et au  Paléolithique Moyen (-120 à -70 000ans). Un long hiatus marque la période du dernier glaciaire, sans doute à cause de conditions climatiques très rudes. Quelques millénaires après la fin de la dernière glaciation,  les derniers groupes de chasseurs collecteurs du mésolithique (env. -7500 av. J.C.) réoccupent temporairement la région, suivis par les premiers hommes du Néolithique Ancien (env. – 5500 av. J.C.) Mais c’est au néolithique moyen, (culture Chasséenne vers- 4000 av. J.C) qu’arrivent les premières importantes communautés agricoles, celle-ci vont  prospérer à tel point qu’à partir de ce moment la région sera habité quasiment sans discontinuité au moins jusqu’à l’Âge du Bronze. De nombreux outils en silex et roches dures témoignent de la présence de ces premiers agriculteurs/éleveurs. L’apogée des communautés agro-pastorales est atteinte à la fin du néolithique au moment de la découverte de la métallurgie du cuivre, le chalcolithique est également attesté par la présence de nombreux outils en silex et chaille, notamment par le type de pointe de flèches dites en sapin caractéristiques de cette période. Ces communautés de la fin de la préhistoire ont également été influencées par le vaste courant mégalithique qui  se développait dans toute l’Europe. Un des plus important lot de  statues-menhirs a ainsi été découvert sur ce territoire de la haute vallée du rance, il compte douze statues-menhirs :
 
·           3 masculines : Mas-viel 2, Puech de Nougras 2, Plo du Mas-viel
·           4 féminines : Albespy 1 à 3, Puech de Nougras 1
·           4 indéterminées : Le Cros, MasViel 1 et 3, Nougras
·           1 transexuée : Les Vignals (féminine/masculine)
Les statues-menhirs représentent des personnages gravés dans la pierre, clairement sexués, leurs attributs indiquent leur sexe,  masculins avec armes, féminins par la parure et les seins. Cet art  spectaculaire constitue cependant une des dernières grandes énigmes de la préhistoire, leur signification nous est totalement inconnue car ces statues-menhirs ont toutes été découvertes hors de contexte archéologique. Malgré le mystère qui les entoure elles représentent gravées dans la pierre, l’image de femmes et d’hommes vivant dans notre région il y a près de 5000 ans, en cela elles sont un patrimoine véritablement exceptionnel.
 
Protohistoire
 
La protohistoire n’est connue qu’au travers de quelques céramiques mises au jour sur un replat de la vallée du rance, celles-ci sont datables de la fin de l’Âge du Bronze ou le début de l’Âge du Fer.
 
Antiquité
 
Il n’existe pas de vestiges majeurs de la période antique hormis quelques sites livrant divers fragments de tegulae et imbrice, ainsi que quelques tessons de céramique sigillée.
 
Histoire 
 
Les périodes historiques anciennes sont mal connues, quelques sarcophages pourraient indiquer une présence durant le haut Moyen-Âge, mais la plupart sont probablement datables du bas moyen âge vers le X-XIIème siècle.  A partir de ce moment bourgs et hameaux se développaient pour atteindre leur apogée au début du XXème quand la commune comptait 880 habitants. Plusieurs châteaux  ou demeures seigneuriales, Prohencoux, Frègeville, Falgous furent construits par les seigneurs locaux.   Seuls subsistent de nos jours ceux de Falgous et Prohencoux, ce dernier ayant été partiellement démoli durant la révolution.  Cette période a été marquée par la capture le 22  janvier 1794 d’un prêtre réfractaire Joseph Puech, celui-ci fut décapité à Rodez quelques semaines plus tard.
 
La Grande Guerre (1914-1918) si elle n’atteignit pas le sud de la France, n’en  coûta pas moins la vie à de nombreux jeunes hommes de cette commune sur les fronts de la Marne de la Somme ou des Ardennes.
 
La seconde guerre mondiale  fut marquée par l’épisode tragique de l’attaque du Maquis de Bouscalous le  6 mai 1944 par des GMR venus de Béziers. Sur les neuf hommes constituant le maquis seuls, Maurice Jouffray, Roger Soulier  et Max Gagnoud   survivront à la fin de la guerre, Barnabé  Ortéga , Frangi Ricardo, Jean Ferrand décédés  en déportation,  Albert Thévenon et  René Delaire  fusillés à la bute de Sainte Radegonde,  François Mauron blessé le jour de l’attaque décéda de ses blessures le lendemain à l’hôpital de Béziers.